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Published:April 25th, 2007 05:56 EST
Soudan : des manoeuvres d'intimidation visent le personnel humanitaire

Soudan : des manoeuvres d'intimidation visent le personnel humanitaire

By SOP newswire

Washington - Il semble que le gouvernement soudanais se livre à des manœuvres délibérées d'intimidation contre le personnel humanitaire qui travaille au Darfour, a indiqué aux journalistes le secrétaire d'√Čtat adjoint, M. John Negroponte, le 23 avril, mettant en garde le Soudan contre un isolement encore plus profond s'il refusait l'accès de la région aux membres d'une force internationale de maintien de la paix.

S'étant rendu au Soudan le 16 avril et y ayant rencontré le président Omar el-Béchir, M. Negroponte a expliqué que lorsqu'il s'agissait de permettre au personnel humanitaire d'accéder aux personnes dans le besoin, le dossier du gouvernement n'était « guère encourageant ».

« Le refus de visas, le harcèlement du personnel humanitaire et les autres mesures prises donnent l'impression que le gouvernement du Soudan s'est engagé dans une campagne délibérée d'intimidation », a-t-il dit.

Et si l'accord passé au début d'avril entre le Soudan et l'Organisation des Nations unies en vue de faciliter les opérations humanitaires est une source d'encouragement, le gouvernement Bush n'a pas constaté d'amélioration depuis et continuera de surveiller de près la situation.

« Le gouvernement du Soudan aurait même créé des complications supplémentaires pour le personnel humanitaire depuis l'accord », a-t-il précisé, citant notamment la demande qui est faite à ces personnes de quitter le pays pendant une certaine période de temps si leur organisme employeur change.

M. Negroponte, qui s'est rendu au Liban, en Libye, au Tchad et en Mauritanie du 11 au 10 avril pour y analyser les moyens de mettre fin à la crise au Darfour et d'atténuer les souffrances dans cette région, s'est déclaré peu optimiste à la suite de ses entretiens avec M. Béchir, et plutôt sceptique quant à la volonté de ce dernier de respecter les engagements qu'il a pris verbalement.

Selon lui, la violence au Darfour et l'instabilité dans les pays voisins du Soudan sont de plus en plus liées, notamment en ce qui concerne le Tchad où beaucoup de réfugiés se sont installés.

Des deux côtés de la frontière du Soudan, a-t-il fait observer, la violence a tendance à se perpétuer « en partie parce que des groupes de réfugiés passent d'un côté à l'autre », et aussi parce que « beaucoup de gens pensent que les deux pays apportent leur aide aux groupes responsables d'actes de violence dans l'un ou l'autre des deux pays ».

Les responsables tchadiens, a expliqué M. Negroponte, lui ont fait part de leur inquiétude à propos de la propagation de la violence sur leur territoire, craignant, à leur sens, une « darfourisation de la partie orientale du Tchad ».

Il faut que le Soudan désarme les milices djandjawids qui dépendent de son appui, a-t-il insisté, et que « tous les groupes rebelles non signataires cessent leurs attaques, rendent les armes et s'assoient à la table de négociation ».

L'accord de paix pour le Darfour signé en mai 2006 offre au Soudan « de grandes promesses et possibilités », mais il ne peut se concrétiser qu'avec la coopération du gouvernement soudanais et le déploiement d'une force mixte de l'ONU et de l'Union africaine qui assurerait la sécurité et permettrait au personnel humanitaire d'accéder pleinement aux personnes dans le besoin.

« Si cela ne se réalisait pas, le président Bush a indiqué clairement que le Soudan pouvait s'attendre à un isolement encore plus dur de la part de la communauté internationale », a souligné M. Negroponte.

La secrétaire d'√Čtat adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, qui a accompagné M. Negroponte dans sa tournée, a confirmé que le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, avait demandé au gouvernement Bush de retarder l'application de sanctions punitives pour permettre la concrétisation des mesures consenties, rappelant cependant que « la prochaine étape, c'était d'obtenir que le gouvernement du Soudan accepte rapidement le déploiement de la force mixte ».

Par Stephen Kaufman
Rédacteur de l'USINFO