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Published:June 4th, 2007 05:45 EST
Tourne aux tats-Unis d'un groupe de sept musiciens tunisiens et amricains

Tourne aux tats-Unis d'un groupe de sept musiciens tunisiens et amricains

By SOP newswire

Washington - Le Centre Kennedy des arts de la scène de Washington, l`un des hauts lieux de la culture américaine, a retenti, le 31 mai, à guichets fermés, au son d`instruments tunisiens interprétant de la musique des monts Appalaches. C`était la première représentation du groupe Kantara aux "tats-Unis.

« On a pris d`anciennes mélodies de violon qu`on a transformées en airs pour oud et derbouka Â», a déclaré Brennan Gilmore, cofondateur du groupe musical qui s`est produit ce soir-là dans le grand complexe situé sur la rive gauche du Potomac. Kantara a présenté ce soir-là un programme d`un caractère particulier, où les rythmes et mélodies traditionnels de la Tunisie se fusionnaient avec la musique folklorique et bluegrass américaine.

De nombreux auditeurs se sont étonnés que la musique de deux cultures si différentes puisse se mélanger ainsi, a observé Riadh Fehri, l`autre créateur du groupe, mais une fois qu`on l`a entendue, on comprend : « Nous obtenons des réactions magnifiques de nos auditoires Â», a-t-il déclaré à l`USINFO.

Kantara signifie pont en arabe. Notre projet a un message : la paix entre tous les peuples, mais tout spécialement entre Américains et Arabes, a déclaré Riadh Fehri à la foule rassemblée au Centre Kennedy.

De nationalité tunisienne, Riadh Fehri joue de l`oud et compose de la musique pour Kantara. Ses propos, en français, ont été traduits par Brennan Gilmore, qui est le principal chanteur et joue de la guitare, de la mandoline et du banjo. Les deux se sont rencontrés en 2005 à Tunis, où Brennan Gilmore, membre du corps diplomatique américain, était alors en poste. Ils ont créé Kantara dans le but exprès de faire la synthèse de leurs traditions musicales respectives.

Brennan Gilmore, qui a grandi en Virginie, connaît bien la musique des Appalaches, cette chaîne de montagnes de l`est des "tats-Unis dont les habitants ont retenu une forte tradition musicale. C`est de la musique « du vieux temps Â», comme ils l`appellent, car elle puise ses origines dans les îles Britanniques aussi bien qu`en Afrique. Riadh Fehri, de son côté, est un musicien de renom dans son pays et chef du conservatoire de musique Sidi Bou Saïd.

Chacun a attiré d`autres musiciens dans le groupe, qui comprend aujourd`hui les Tunisiens Amel Boukhchina (voix) et Lassad Hosni (percussion sur derbouka et bendhir), ainsi que les Américains Ann Marie Calhoun (violon et voix), Brian Calhoune (guitare) et Zack Blatter (basse).

Le groupe s`est donné un triple objectif, a indiqué Riadh Fehri : artistique et musical d`abord, puis celui de « montrer les meilleurs aspects de la culture américaine et de la culture arabe Â», enfin celui de promouvoir « un message de paix Â».

Brennan Gilmore et lui ont composé des morceaux pour leur groupe, mais également adapté des mélodies traditionnelles appalachiennes et tunisiennes dans de nouveaux arrangements utilisant un mélange inédit d`instruments.

« Nous essayons de produire un son nouveau Â», a déclaré Riadh Fehri. Certains morceaux, au départ, rappellent une danse ou une chanson appalachienne, puis prennent soudain l`allure des rythmes nord-africains. D`autres mélangent les langues anglaise et arabe.

Il s`en dégage, sur la scène, une forte impression de fraternité. « Notre fusion musicale provient de l`atmosphère que nous produisons ensemble, en tant que groupe, de ce sentiment d`ouverture et de la volonté de partager, a-t-il dit.

Depuis 2005, Kantara a joué en Italie, en France, en Tunisie et au Maroc. En juillet, il participera au Festival international de Carthage. Il doit aussi organiser des concerts dans d`autres villes de Tunisie ainsi qu`en Sicile.

Le groupe s`efforce de présenter une image positive des cultures arabe et américaine pour contrecarrer les messages négatifs auxquels les gens sont exposés. Dans une interview affichée sur le site web TakingItGlobal, Brennan Gilmore explique: Les médias ont tellement mis l`accent sur l`antiaméricanisme ou les comportements hostiles aux Arabes que, dans l`esprit des gens, le fossé est devenu presque trop profond pour qu`on puisse bâtir un pont et réduire l`écart. Kantara démontre sur scène que ce n`est pas le cas.

Il se souvient notamment d`un concert organisé à Colle di Val d`Esta, en Italie, marqué par de fortes tensions entre les communautés italienne et musulmane.

« Il y a eu une alerte à la bombe avant le concert. Les tensions étaient vives. Mais ce soir-là, c`était magique. Nous avons rassemblé beaucoup de personnes dans la même salle qui ne se seraient pas réunies dans d`autres circonstances Â», a-t-il expliqué, ajoutant qu`après le concert, l`imam local et un prêtre catholique avaient exprimé leur appréciation.

Ce que voudrait Riadh Fehri, c`est que le monde arabe comprenne, en écoutant la musique de Kantara, que les Américains respectent et apprécient la culture et qu`il y a bien d`autres choses que les différends qui sont la cause d`animosité entre nous Â».

Kantara représente l`avenir. Tout ce qui se passe aujourd`hui, toutes les difficultés, on les surmontera Â», a-t-il déclaré.

Durant son séjour aux "tats-Unis, Kantara a enregistré un premier album qu`il envisage de mettre en vente dans quelques mois.

Pour plus d`informations (en anglais, français et arabe) concernant Kantara, visitez le site web du groupe.

Par Louise Fenner
Rédactrice de l`USINFO