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Published:April 10th, 2008 03:07 EST
Le bilan de la situation en Irak

Le bilan de la situation en Irak

By SOP newswire2

Washington - Des progrès importants ont eu lieu en Irak au cours des sept derniers mois, mais ils ont été inégaux et très lents, et il reste encore des problèmes immenses à résoudre, a déclaré l'ambassadeur des États-Unis en Irak, M. Ryan Crocker.

« Le maintien de ces progrès, a-t-il ajouté, exigera que les États-Unis continuent de faire preuve de détermination. Ce que l'on a réalisé est important, mais c'est aussi réversible. »

M. Crocker et le général David Petraeus, qui est à la tête des forces de la Coalition en Irak, ont pris la parole le 8 avril devant la commission sénatoriale des forces armées et ils devaient aussi s'exprimer plus tard dans la journée devant la commission sénatoriale des affaires étrangères. Il est également prévu qu'ils paraissent le 9 avril devant les commissions des forces armées et des affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Le président de la commission sénatoriale des forces armées, M. Carl Levin, a fait remarquer qu'il s'agissait surtout de savoir si l'on devait poursuivre le retrait de l'Irak de forces américaines et s'il fallait modifier la politique actuelle en Irak pour que le gouvernement irakien assume de plus grandes responsabilités dans les domaines politique, économique et militaire.

Une des raisons de l'envoi de renforts en Irak par le président Bush en 2007 était de donner au gouvernement irakien le temps de prendre des mesures en vue de la réconciliation nationale et de l'unification du pays, a déclaré M. Crocker dans sa déclaration liminaire. Lors de la soumission au Congrès de son rapport en septembre 2007, a-t-il dit, l'Irak n'avait pas encore adopté à cet effet plusieurs textes de loi importants. « Toutefois, ces derniers mois, le Parlement irakien a élaboré, débattu avec vigueur et, dans de nombreux cas, adopté des textes de loi traitant des questions fondamentales de la réconciliation et du renforcement des institutions », a-t-il indiqué en faisant état de la loi sur les retraites, de la réforme en matière de débaassification et de la loi d'amnistie.

En outre, le Parlement irakien a adopté une loi sur le partage des pouvoirs avec les provinces, qui constitue, selon M. Crocker, une mesure extraordinaire définissant les relations entre l'État fédéral et les provinces. Cette loi prévoit l'organisation, le 1er octobre, d'élections au niveau des provinces. Un texte de loi actuellement à l'étude doit fixer les règles applicables à ces élections.

« L'adoption du budget de 2008, qui prévoit des crédits d'un montant sans précédent pour les dépenses d'investissement, garantit que l'État fédéral et les provinces auront les ressources nécessaires pour engager des dépenses publiques (…) Ces lois ne sont pas parfaites, et il reste à savoir comment elles seront appliquées, mais elles constituent des mesures importantes. »

Par ailleurs, M. Crocker a indiqué que les progrès réalisés dans les domaines politique et économique étaient importants, mais aussi fragiles et réversibles. « L'Irak, a-t-il dit, est en mesure de devenir un État démocratique stable, sûr, pluriethnique, pluriconfessionnel qui respecte la légalité. Il incombe aux Irakiens de décider si ce sera le cas. Notre soutien continuera cependant d'être essentiel. »

Enfin, l'ambassadeur des États-Unis a déclaré qu'il ne pouvait pas garantir la réussite de l'Irak, mais qu'il était convaincu que le retrait d'une grande partie des forces américaines se solderait par un échec.

Pour sa part, le général Petraeus, qui était aux côtés de M. Crocker, a indiqué que, depuis septembre 2007, on observait une forte réduction de la violence et du nombre des morts parmi la population civile. En outre, le réseau Al-Qaïda en Irak et un certain nombre de groupements d'extrémistes ont été durement frappés alors que les moyens des forces irakiennes de sécurité se sont accrus.

« Néanmoins, a-t-il dit, la situation dans certaines zones est encore insatisfaisante, et des problèmes innombrables demeurent. En outre, comme ce qui s'est passé ces deux dernières semaines nous le rappelle et comme je l'ai dit à plusieurs reprises, les progrès réalisés depuis le printemps dernier sont fragiles et réversibles. »

La sécurité s'est cependant améliorée en Irak au cours des sept derniers mois, a-t-il fait remarquer en ajoutant : « Elle est bien meilleure qu'il y a 15 mois, lorsque l'Irak était sur le point de connaître une guerre civile et que les États-Unis ont décidé d'envoyer des renforts dans ce pays. »

L'accroissement des effectifs des forces américaines et des forces irakiennes qui ont effectué des opérations contre les insurgés à travers le pays a permis de renforcer les progrès en matière de sécurité. Ces forces sont déployées ensemble afin de protéger les Irakiens, de poursuivre les membres d'Al-Qaïda en Irak, de lutter contre la criminalité et les extrémistes des milices et de créer les conditions propices à la réconciliation nationale, ce qui a permis de réaliser des progrès dans les domaines politique et économique.

Le général Petraeus a indiqué qu'il comptait recommander au président Bush que, à la suite du retrait en juillet de la dernière brigade des renforts, il y ait une période de quarante-cinq jours pendant laquelle les forces de la Coalition feraient l'objet d'une consolidation et d'une évaluation. « À la fin de cette période, a-t-il dit, nous entamerons un examen des conditions sur le terrain et déciderons au bout d'un certain temps quand nous pourrons faire des recommandations en vue d'une nouvelle réduction (des forces américaines). »

Cette façon d'agir, a-t-il souligné, ne permet pas l'établissement d'un calendrier précis pour le retrait des forces américaines.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

Par Merle Kellerhals
Rédacteur